La plupart d'entre nous utilisent quotidiennement des services numériques dits gratuits pour communiquer, s'orienter, s'informer ou se divertir. En quelques années, les entreprises propriétaires de Facebook, Google, TikTok et d'autres plateformes ont pourtant accumulé des fortunes sans précédent.
Comment un modèle fondé sur la gratuité peut-il générer une telle concentration de richesse ? À qui ces plateformes profitent-elles réellement ? Dans quelle mesure affectent-elles notre culture, notre santé mentale et nos relations interpersonnelles ? Une part significative de la valeur des grandes entreprises de la Tech repose maintenant sur la captation et la monétisation des comportements. Dans le but de créer des profils de marché toujours plus affinés pour leurs clients commerciaux et politiques, on scrute l'utilisateur dans chacune de ses interactions. Ses traces constituent un surplus comportemental transformé en actif économique au sein de marchés prédictifs. L'attention humaine s'y convertit en ressource stratégique, et le temps connecté en matière première récoltée et exploitée.
Un de mes textes publié dans Le Devoir élabore sur les effets de ce modèle économique sur les jeunes usagers des plateformes numériques. J'ai aussi l'occasion de m'étendre sur le sujet dans le cours Creative Computing & Network Cultures que je donne à l'Université Concordia.
Le projet Surveillance mobilise la performance, l'installation, la sérigraphie et la photographie afin de rendre perceptibles des structures habituellement invisibles : infrastructures de collecte de données, mécanismes de captation et logiques extractives des plateformes. Il examine également les effets subjectifs de l'observation constante — solitude, dépendance, dépression, anxiété — afin que l'expérience sensible y demeure le centre de l'attention.
Ce projet prolonge la recherche menée dans Seuil et Territoire / Dimension, où l'image photographique sert de matière première à la sérigraphie et à l'art mural.